Ressemblances entre la langue des anciens Egyptiens et des Yoruba

peuple yoruba La langue des anciens égyptiens a une structure simple fondée sur l’usage de racines. Les noms ne se déclinent pas et il y a très peu de verbes auxiliaires, des modes et des temps verbaux. Il y a aussi très peu d’inflexions et pour cela est difficile de distinguer les différentes parties de la phrase.

Par exemple en ancien égyptien, “ran-i” signifie “appelle-moi” et selon le contexte peut signifier “mon nom” ou  “j’appelle”.  Si on compare avec la langue yoruba, on peut observer des ressemblances structurelles. Ainsi, “ran-mi” en yoruba signifie “envoie-moi”, “aide-moi”, “transmets-moi”, “appelle-moi” etc. selon la position de l’accent dans le mot “ran” ou le contexte dans lequel se situe le mot.

Un autre exemple est le mot “wa” qui a plus de douze significations différentes selon le type d’accent sur le mot et le contexte.

D’ailleurs, il y a beaucoup de mots en yoruba qui ont la même orthographe et la même signification que le même mot en égyptien. Il y en a d’autres qui ont la même signification mais dont l’orthographe présente des différences en fonction des accents. Selon certains auteurs, la moitié des mots de la langue yoruba actuelle sont identiques aux mots égyptiens ou contiennent des racines d’origine égyptienne.

Voici quelques exemples:

  • Le mot “bu” qu’en langue égyptienne ancienne signifie “endroit”. Ce mot existe en yoruba avec la même signification. En dialecte ondo (yoruba), l’expression “ki bu e e” signifie “où vas-tu?”. Les mots yoruba suivants contiennent ce mot comme racine: “ibudo” signifie un endroit pour s’établir (par exemple un champ), “ibusun” signifie un endroit pour dormir (par exemple un lit). Autres mots similaires sont “ibu-joko” qui signifie “une chaise”, “ibu-so” qui signifie “une saison”, etc.
  • En langue égyptienne ancienne le mot “amons” signifie “cacher” ou “caché”. Ce mot existe en yoruba avec la même signification. Exemple: “fip’amon”, signifie “cache le” (littéralement, “considère le caché ou fais qu’on le cache”).
  • Le mot égyptien “miri” signifie “eau”. En yoruba ce mot est utilisé uniquement comme adverbe, “miri-miri” qui signifie “éblouissante comme l’eau”; mais entre les Ibos (les voisins des Yoruba), le mot est encore utilisé pour désigner l’eau.
  • Le mot égyptien “ha” qui signifie “grande maison”, devient “iga” en yoruba, qui signifie “grande maison” ou “palais d’un roi”.
  • “Hor” signifie en langue égyptienne ancienne “être quelqu’un d’important”, “celui qui est important” et ce mot devient en yoruba “ori” (le “h” s’élide, le “r” qui est une consonne finale reçoit une voyelle additionnelle pour former une nouvelle syllabe), qui signifie “supérieur”, “tête”.
  • “Fahaka” signifie en langue égyptienne ancienne “un poisson-ballon qui a des lignes argentées sur la peau” et le mot “fadaka” en yoruba signifie “argent”. Le mot “fahaka” apparait dans la langue égyptienne d’aujourd’hui sous la forme “faddah” qui signifie “argent”.
  • Le mot “maprit” qui signifie “une graine”, en langue égyptienne ancienne, apparaît dans le mot yoruba “inabiri” o “inabere”, qui signifie aussi  “un type de graine”.

La connexion entre les deux langues est tellement intime qu’il est possible de déterminer la signification d’un mot dans l’une des deux langues à l’aide de la signification du même mot dans l’autre langue. Voici un exemple :

  • Le professeur Sayce, dit par rapport à Horus Ahi, que “la signification de “Ahi”, le titre assigné à Horus le plus jeune, est douteux”. Le mot égyptien “ahí” devient “ehin” en yoruba parce que le “a” se transforme en “e” selon les règles phonétiques yorubas et le “i est nasalisé. Le mot yoruba “ehin” signifie “derrière” ou “la partie postérieure d’une chose” et il est utilisé généralement pour désigner une personne jeune. Plus concrètement, le plus jeune d’une paire de jumeaux est appelé “k’ehin” (littéralement, “aller derrière”). Donc, on peut conclure que la signification probable du mot égyptien “ahí” est “le plus jeune” et que ce mot est utilisé de la même façon que le mot “junior” quand il est ajouté au nom d’un fils qui porte le même prénom que le père.
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