La possession dans le vaudou

loas Tout adepte du vaudou se considère en situation de mariage avec un esprit dont il se dit le cheval au moment de la possession. Celle-ci, appelée  » crise de Lwa « , est l’aspect le plus fascinant du vaudou. Elle se produit normalement au cours des cérémonies ou  » manger-Lwa  » qui ont lieu dans les temples  et qui comportent, en général, trois mouvements :

  • Les rites d’entrée, avec des salutations des objets sacrés, litanies des esprits et des saints précédées de l’invocation du Grand Maître
  • Le sacrifice de volailles ou de l’animal symbolique du  » Lwa  » (loa), qui comprend lui-même la consécration des offrandes et l’épiphanie des  » Lwa  » (à chacun de ceux-ci correspondent des chants, des rythmes de tambour et des danses appropriées)
  • L’immolation de la victime et des rites de communion et de divination

Tenue pendant longtemps pour une condition pathologique, la possession, qui est le point culminant de la cérémonie, remplit une fonction sociale et structurante pour la personnalité de l’adepte au vaudou. Il entre en communion avec le monde et surmonte durant quelques instants toutes les inharmonies de la vie quotidienne.

On a voulu voir dans ce culte une simple religion utilitaire où la magie est maîtresse. Dans la réalité, si celle-ci fait partie intégrante du vaudou, cela ne fait que souligner davantage qu’il fonctionne à la manière de toute religion.

Ceux qu’on peut désigner comme les administrateurs du sacré vaudou, à savoir le  » Ugã  » (prêtre vaudou) ou  » mambo  » (si c’est une femme), le  » b1k1  » (magicien servant des deux mains, c’est-à-dire pour le bien et pour le mal), et le  » loup-garou  » ou sorcier, représentent trois personnages inséparables.

Ils sont incompréhensibles aussi sans le consensus social, qui les distingue pour mieux consolider ses croyances et ses pratiques. Comme les esprits tantôt bons tantôt mauvais, ces trois personnages renvoient à un mode d’organisation de l’ordre et du désordre qui donne au vaudou son caractère de système total : lieu pour le fidèle d’une sorte d’invulnérabilité contre toutes les insécurités.

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