Principes du vaudou

loas Nous voulons insister pour retirer cette image de sorcellerie qui est accolée à ce culte. Le vaudou comme l’ensemble des cultes afro-américains a hérité des pratiques africaines de possession qui servent pour les pratiquants à entrer en contact avec leurs divinités. Cette notion de possession a pris dans la culture chrétienne une toute autre signification à laquelle on mêle le diable et les puissances infernales.

De même les pratiques magiques qui reposent sur l’idée animiste que toute chose contient une intelligence et une intention, incluent de fait l’idée que ces intentions peuvent être bonnes ou mauvaises, magie blanche ou noire. Le vaudou rapproche les forces positives ou négatives, mais il ne pose pas comme principe leur utilisation à des fins maléfiques.

De plus en ce qui concerne la France, notre connaissance des cultes afro-américains se réduit majoritairement à ce seul vaudou et ignore pour des raisons historiques, culturelles et linguistiques, la vingtaine d’autres syncrétismes afro-américains.

Le vaudou est un culte syncrétique originaire du Dahomey (Bénin) présent aux Antilles et principalement à Haïti et en Louisiane. Le mot proviendrait pour les uns d’un terme du dialecte éwé (Togo), qui signifie « guide» esprit protecteur, et, pour d’autres, de l’adaptation par le fon d’un mot yoruba signifiant «dieu». Le vaudou désigne l’ensemble des dieux ou des forces invisibles que les hommes essaient de concilier.

Le vaudou se construit sur l’organisation de la société africaine fondée sur l’ethnie, le lignage et la famille au sens large. Chaque groupe social possède ses propres divinités, même si parfois certains voduns extérieurs de lignages royaux et même des divinités étrangères comme celles des orishas Yoruba peuvent être imposées ou adoptées. C’est ainsi qu’un des vaudous majeurs, le fa, originaire du royaume d’Oyo au Nigéria est le vaudou de la divination tout comme l’Ifa yoruba dont il est l’adaptation fon.

Au sommet du panthéon vaudou se trouve Mawu, de sexe féminin et son frère Lisa qui assimilent leur être pour devenir une entité androgyne Mawu-Lisa. Ce dieu absolu et suprême ne peut être représenté, peint, ni associé à des objets comme le sont les autres dieux, et aucun culte ne lui est rendu. En fait Mawu-Lisa n’intervient pas dans la vie des hommes, il est « celui que nul ne peut atteindre » l’inaccessible, et c’est pour diriger à sa place qu’il a créé les autres dieux connus comme voduns au Bénin, et loas (ou iwa) en Haïti.

Intermédiaires agréées entre les hommes et Mawu-Lisa, les loas font partie de familles divines dont les membres par leur propre caractère, déclinent un archétype dans toutes ses formes possibles. Partant d’un élément primordial, l’air (le ciel), la terre, et l’eau chaque dieu va être en charge d’épuiser un concept dans toutes ses formes de manifestations possibles. Ainsi par exemple un élément archétypal comme le feu sera divinisé sous diverses entités selon qu’il représente son aspect dynamique et positif en participant à la fabrication des outils ou des armes, ou bien son aspect négatif et foudroyant bien qu’en l’occurrence la notion de négativité reste relative.

Pour bien comprendre le vaudou il faut considérer que si les loas ou voduns sont des forces liées aux éléments et manifestations naturelles comme l’eau ou la foudre, ils peuvent être tout autant des personnalités défuntes ayant marqué l’histoire de la nation, du clan ou de la famille. De plus lorsque certaines protections s’avèrent utiles, un loa peut être acheté auprès d’un ougan ou prêtre vaudou. En fait les loas sont les intentions contenues dans toute manifestation matérielle, ce que nous pourrions appeler l’âme, sauf qu’ici il peut y avoir interaction entre les hommes et ces « intentions ».

Les sociétés occidentales comptent sur la science pour tout expliquer, et peut-être y parviendront-elles un jour, mais pourtant cette science ne fera jamais qu’expliquer le comment, mais jamais le « par qui », l’intentionnalité, l’intelligence qui est en toute chose, sait chercher sa route et la trouver. Ici, les dieux sont paillards, menteurs, buveurs, jaloux, violents, capricieux, corporatistes et même racistes comme Ezili Mapyang (ou Erzulie) femme malfaisante qui refuse un prétendant parce qu’il a la peau noire. Avec les loas tout est clair, on a le même langage, les mêmes vices, alors pas de faux prétextes, les affaires d’abord, c’est du donnant-donnant, ils rendent service mais ce n’est pas gratuit.

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