Groupe musical: Yemaya La Banda

Nous à Santeria Orula, on aime beaucoup…. Bendicion a Yemaya La Banda. Maferefun Yemaya. Le 28 juin 2014 au Studio l’Ermitage (http://www.studio-ermitage.com/).  Douze femmes, douze musiciennes, originaires des quatre coins du monde, de Wimbledon à Santiago, de Pau à Quito, de Lille à Napoli, de Paris à Zaragoza, douze artistes venues d’horizons variés, qui se sont rencontrées à Paris il y a une petite quinzaine d’années, pour créer une musique mélangée, cuisinée à plusieurs autour d’une base de rythmes caraïbes. Douze femmes engagées, dont les chansons veulent nous faire rêver d’un monde nouveau, plus humain et plus juste, façonné par la rencontre pacifique entre les cultures. Douze amies qui ont fait de leur groupe une source de bonheur partagé, à la fois entre elles et avec un public fidèle. Douze interprètes mettant en valeur leurs qualités musicales par d’amusantes petites mises en scènes pleines de trouvailles et d’humour. C’est le groupe Yemaya la Banda.

Pendant plusieurs mois, dans le cadre du projet « Salsa cubaine made in France » de Fiestacubana, j’ai observé leur travail. J’ai assisté à leurs répétitions et à leurs concerts, j’ai mené avec elles de longs entretiens, j’ai attentivement écouté leur CD, j’ai recueilli sur elles des archives sonores et visuelles, j’ai même réalisé des clips vidéos sur leur orchestre…

Un projet Fiestacubana : à la recherche de la Salsa cubaine « Made in France ». La musique cubaine essaime aujourd’hui dans le monde entier. En Europe, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, 
et même en Afrique et en Asie, artistes émigrés et aficionados locaux associent leurs talents pour former des 
orchestres aux sonorités souvent métissées, déclinant l’influence cubaine selon une infinité de nuances liées au 
pays d’accueil ou à la nationalité des interprètes. 

La France offre un terreau fertile à cet enracinement. De nombreux orchestres de salsa d’influence cubaine, 
dont une grosse dizaine de niveau professionnel, s’y sont formés au cours des quinze dernières années. 
Fiestacubana vous avait déjà présenté ponctuellement certains d’entre eux, comme Afincao, La Mecanica Loca, 
Contrabando ou Tentacion de Cuba. Mais la liste est beaucoup plus longue, et le « Made in France » est 
aujourd’hui une valeur montante de la musique des Caraïbes.



Nous avons donc décidé de vous entraîner, dans les mois qui viennent, à la rencontre de ces groupes de 
musique cubaine ou apparentée basés dans notre pays, comme Conga Libre, Okilakua, Son Trinidad, Tin’del 
Batey, Orquesta Orlando Poleo, Rumbabierta et quelques autres… Des formations pratiquant un très large 
éventail de styles, depuis le Son traditionnel jusqu’à la Timba en passant par la Rumba et l’Afro-cubain, 
témoignant ainsi de la vitalité de la « bouture » latino dans l’Hexagone. 

Nous commençons aujourd’hui cette exploration par le groupe Yemaya la Banda, qui sans être d’inspiration 
purement cubaine, pratique une musique largement ancrée dans le style « Salsa ».

Passionné de Tango autant que de Salsa, j’ai été de prime 
abord frappé par l’étrange similitude existant entre le 
groupe des Yemaya et celui des Fleurs Noires, un 
ensemble de 10 musiciennes de Tango contemporain 
également basé à Paris et dont je suis depuis longtemps 
un aficionado. Un indice à la fois amusant et un peu 
troublant de la coexistence dans notre capitale de mondes 
culturels parallèles, régis par les mêmes dynamiques, ne 
se différenciant que par les styles de danse ou de 
musique, et s’ignorant souvent malgré leur 
compénétration. Lecteur assidu de littérature de science-fiction, j’étais bien décidé à tenter 
l’aventure de la téléportation quantique entre ces deux espaces-temps culturels superposés. 

Par l’intermédiaire de mon ami Vu Do-Quang, j’ai donc contacté les Yemaya. C’était il y a quelques 
mois déjà, pendant l’hiver 2013. De navigation sur internet en entretiens, de séances de répétition 
en concerts « live », s’ensuivit un assez long processus de recherche qui me permit de découvrir les 
personnalités et les trajectoires si diverses de ces musiciennes, de retracer l’histoire du groupe, de 
me familiariser avec son répertoire et son esthétique. Des musiciennes porteuses d’un large éventail de sensibilités 

Le groupe a été fondé en 1998 par Raphaëlle, 
Valérie (la première pianiste) et Claudia, à la suite 
d’un stage de musique à Cuba. Aurora, Vanessa et 
Pascale sont ensuite arrivées assez rapidement.

Au départ, le fonctionnement était très informel : 
« c’étaient juste quelques copines qui s’étaient 
rencontrées dans un atelier de Salsa et se 
réunissaient pour le plaisir de jouer ensemble » 
explique Claudia. Depuis, le projet s’est structuré, 
mais le noyau de l’orchestre est resté assez stable : cinq des six fondatrices sont en effet toujours 
présentes. Et même les « nouvelles venues » sont là depuis longtemps. Par exemple, Céline, la 
pianiste, qui est l’une des plus récentes, a intégré le groupe il y a plus de 6 ans.



Pourquoi un groupe de filles ? A cette question presque inévitable, Pascale 
a une réponse toute prête et un peu cinglante : « On ne demande pas aux 
groupes de mecs, comme les Rolling Stones, pourquoi ils sont un groupe 
de mecs. Il se trouve qu’on avait envie de jouer ensemble et qu’on a 
trouvé ainsi une énergie pour produire des choses qui nous plaisent. Nous 
tenons à cette énergie artistique. Mais, de temps à autres, nous avons 
aussi intégré des hommes dans notre orchestre. »



Et pourquoi choisir le nom de Yemaya ? Parce qu’il évoque une forme de 
féminité à la laquelle s’identifient la majorité des membres du groupe. « 
Yemaya est une déesse forte, solide. C’est aussi un symbole de la 
maternité, car elle est mère de toute la vie dans le panthéon Yoruba. En même temps, elle ne 
correspond pas à une notion de féminité exacerbée, au sens d’objet de désir masculin, comme le 
serait par exemple Oshun ».

Source: Fabrice Hatem

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