Santeria : La Toussaint et la Fête des morts

Cimetière à la Toussaint

Cimetière à la Toussaint

C’est une tradition vieille de plusieurs siècles, qui revient chaque année. Le 1er novembre correspond à la date de la Toussaint, une fête religieuse qui est aussi l’un des jours fériés les plus connus en France. L’origine et la signification de la Toussaint divergent.

Pour les catholiques, c’est l’un des moments clés de la liturgie où l’on célèbre l’exemple donné par les saints. Pour le grand public, c’est l’un des moments où l’on se souvient des proches disparus et où l’on se rend dans les cimetières. Attention cependant : il ne faut pas confondre la Toussaint avec la Fête des morts qui a lieu le lendemain, le 2 novembre. C’est seulement l’usage qui a fait « fusionner » les deux célébrations dans l’esprit de beaucoup.

La Toussaint et Halloween, quel est le lien ?

Autre spécificité : la date de la Toussaint n’a pas toujours été fixée début novembre et ses origines sont enracinées dans une époque trouble, celle du Haut Moyen-Âge, constellé de spiritualité bâtie sur les ruines de l’Empire romain. Malgré son histoire religieuse, cette fête n’est pas autant menacée d’oubli que le lundi de Pentecôte et demeure partie intégrante du Code du travail. Parmi les 11 jours officiellement chômés (deux autres dates s’ajoutent à celles-ci en Alsace-Moselle), le 1er novembre reste donc l’un des jours fériés les plus respectés dans l’Hexagone. La Toussaint a également succédé dans le calendrier des fêtes à la fin des vendanges et des travaux agricoles avant la grande dormance de l’hiver. Dans le passé comme aujourd’hui, la période peut également se caractériser par une légère amélioration de la météo.

Origine de la Toussaint : une fête religieuse catholique ou de la Santeria

A l’origine, la Toussaint est une création de l’Eglise catholique, qui n’est jamais mentionnée dans la Bible. La Toussaint, fête de tous les saints a été créée par le pape Boniface IV, en 610 de notre ère. Le pontife voulait ainsi honorer la mémoire des martyrs parmi les premiers chrétiens. En effet, les convertis à cette religion monothéiste furent massacrés par les Romains au début de notre ère. A partir du IVe siècle, les chrétiens avaient rendu des hommages posthumes à ces premiers chrétiens, exaltant leur courage et échangeant leurs reliques.
La création d’une fête commune permettait à la hiérarchie catholique de regrouper toutes ces célébrations non-officielles. Depuis, le 1er novembre, les catholiques célèbrent ainsi la Toussaint. Ce jour-là, les croyants fêtent tous les martyrs et saints de la chrétienté, connus et inconnus. Les saints sont des personnes remarquables, données en exemple pour leurs actions. Pour devenir saint, il faut avoir accompli des miracles ou des actes particulièrement vertueux aux yeux de l’Eglise, qui peuvent engager une procédure de canonisation. Les similitudes avec la santeria (règle d’osha-ifa) sont tellement évidentes que nous vous laissons seuls juger. La règle d’osha-ifa se pratique depuis le temps des pharaons, encore un fait qui indique le syncrétisme réalisé au cours des siècles avec ce qui pourrait s’apparenter à la religion première.

Date de la Toussaint : pourquoi a t-elle lieu le 1er novembre ?

Lorsque Boniface IV a décidé la célébration de la Toussaint, celle-ci avait lieu le 13 mai. C’est en effet ce jour là que le pape avait sacré le Panthéon, temple romain transformé en sépulture des martyrs chrétiens. Le Panthéon célébrait tous les dieux, la Toussaint célébrera tous les saints. C’est vers 835 que le pape Grégoire IV décale la fête au 1er novembre. Ce changement de calendrier liturgique pourrait tirer son origine de la dédicace d’une chapelle de l’église Saint-Pierre de Rome à l’ensemble des saints par l’un de ses prédécesseurs.

La Toussaint, un jour férié en France

Aujourd’hui, la Toussaint fait partie des 11 jours fériés reconnus dans l’Hexagone et figure dans l’article L3133-11 du Code du travail. Avant la Révolution française, on comptait près de 50 jours fériés religieux en France, parmi lesquels la Toussaint. Afin de réduire l’influence du catholicisme et par souci d’efficacité économique, ils sont supprimés avec l’avènement du calendrier révolutionnaire, qui entre en vigueur le 6 octobre 1793 (ou 15 vendémiaire de l’an II de la République). Dans les villages, on se prête de mauvaise grâce à ce nouvel état de fait et l’on continue de chômer le jour de la Saint-Jean ou de la Toussaint. En 1802, Napoléon rétablit quatre jours fériés religieux, un par saison : Noël en hiver, l’Ascension au printemps, l’Assomption en été et la Toussaint en automne. Malgré son anticléricalisme, la IIIe République ne reviendra pas sur cet héritage religieux. La crise pourrait, en revanche, remettre en cause l’existence de certains jours fériés religieux : en 2012, le Portugal a supprimé la Toussaint de sa liste de journées chômées…

Toussaint et Fête des morts du 2 novembre

Pour l’Eglise, la Toussaint est la fête de tous les saints, tandis que la Fête des morts a lieu le lendemain, c’est à dire le 2 novembre. C’est à cette occasion que l’on lit des prières à destination de l’ensemble des défunts, afin d’assurer le salut de leur âme. La tradition est apparue dans les communautés de bénédictins, notamment à Cluny, peu avant l’an mil, avant de se propager à toute l’Europe avec l’assentiment des papes. Mais, en pratique, beaucoup de gens tendent à confondre les deux célébrations. Pour une raison toute simple : l’usage veut que l’on se rende massivement dans les cimetières dès le 1er novembre, puisque c’est cette journée est chômée dans de nombreux pays d’Europe.

Au contraire, dans certains pays comme le Mexique, c’est le 2 novembre qui compte le plus. Au cours du Día de Muertos, des familles entières se réunissent dans les cimetières pour faire des offrandes (nourriture, statuettes à tête de mort, fleurs…) sur les autels dressés en l’honneur des défunts. Les tata du palo mayombe ou palo monte comme les babalawo de la règle d’osha-ifa syncrétisent ces fêtes avec leurs pratiques. Le caractère joyeux de cette fête contraste avec nos célébrations très solennelles. A Cuba où le spiritisme s’est fermement implanté au XIXème, la célébration des morts est un évènement important et dans certaines familles les religieux de la règle d’osha-ifa ne travaillent pas ce jour là.

Toussaint et Halloween : quel est le rapport ?

La fête d’Halloween pourrait, elle-aussi, être directement liée à la Toussaint. Selon certains historiens, cette période consacrée au souvenir des morts et à la spiritualité (et le choix de l’Eglise d’y consacrer le début du mois de novembre) serait un héritage de Samain, une ancienne fête religieuse celte marquant le début de la saison « sombre ». En Irlande, certains moines auraient transformé le culte ancien en rituel catholique au moment de la conversion de l’île, au Moyen-Âge. Déguisements et feux servaient à retrouver la paix avec les esprits. La pratique aurait traversé l’Atlantique avec les immigrants britanniques et irlandais, avant de faire florès aux Etats-Unis sous le nom d’Halloween (contraction de « Hallowed evening », c’est à dire « le soir saint, sacré »). Sur le continent, la veille de la Toussaint avait également un aspect marquant : en France, on veillait dans les cimetières, tandis que dans l’Espagne médiévale, on sonnait les cloches à toute volée le soir du 31 octobre.

La Toussaint et les chrysanthèmes sur les tombes

Pourquoi met-on des chrysanthèmes sur les tombes à la Toussaint ? Cette fleur, originaire d’extrême-orient (Corée, Chine, Japon), aurait été crée par l’hybridation de plusieurs espèces sauvages. Elle fleurit naturellement en automne et résiste bien au gel : elle est donc parfaitement adaptée au climat automnal du début du mois de Novembre. Selon une étude de 2010 réalisée par Sofres pour France AgriMer : « pour la Toussaint, 21,3 millions de pots de chrysanthèmes ont été achetés pour un montant total de 163,2 millions d’euros ». Au début du XXe siècle, elle se substitue progressivement aux bougies que l’on posait sur les tombes début novembre. En Europe, la fleur a pris une signification funèbre puisqu’elle sert à rendre hommage aux défunts. Elle est néanmoins perçue différemment dans d’autres contrées : au Japon, c’est le symbole de l’Empereur (on parle parfois du « trône du chrysanthème »).

Toussaint : une météo toujours favorable ?

La période qui s’étend de la mi-octobre à la mi-novembre est souvent marquée en Europe par une courte période de radoucissement des températures suivant les premières gelées matinales. Si en Amérique du Nord, l’été indien est quasi-systématique, cette période de météo favorable est beaucoup plus aléatoire dans nos contrées. Au Moyen-Age, on parlait souvent d’été de la Saint-Martin (on le fête le 11 novembre), qui donnait lieu à des célébrations dans la plupart des villes et villages. Cette année, le schéma semble différent : les températures record du mois d’octobre (on parle d’une moyenne supérieure de deux degrés à la normale) ont donné une allure d’été à ce début d’automne, notamment dans la moitié sud de la France. Le week-end de la Toussaint devrait être marqué par un net recul des températures – à hauteur d’une dizaine de degrés. En cause, une très classique perturbation venue de l’Atlantique, dont les sombres nuées devrait traverser la France à partir de samedi 1er novembre 2014.

Toussaint est aussi un nom

Le nom de cette fête a également été utilisé comme prénom, notamment au XIXe siècle. Le Toussaint le plus célèbre est probablement Toussaint Louverture, héros de l’indépendance haïtienne. C’est également le nom d’une commune de Seine-Maritime, qui compte 700 habitants. Elle se situe a proximité de Fécamp.

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